Autre grande figure de l’Armée française de 1914-1918, Eugène Debeney contribua nettement à la victoire de 1918 lors de la Bataille de Montdidier.
– Marie-Eugène Debeney voit le jour
le 5 mai 1864 à Bourg-en-Bresse. Entré à Saint-Cyr en 1884 au sein de la Promotion Foutchéou, il choisit d’intégrer les Chasseurs à Pied à sa sortie.
Après diverses affectations, il devient professeur de cours de tactique d’Infanterie à l’Ecole Supérieure de Guerre.
– Lors du déclenchement de la Grande Guerre, il est nommé chef d’Etat-major de la Ire Armée que commande Dubail. Il connaît en cela les difficiles combats des Vosges et la bataille du Grand Couronné de Nancy. En mai 1915, il remplace Demange à la tête de la 25e Division d’Infanterie qu’il mène au combat en Picardie (Plessis-de-Roye, Bois des Loges et Beuvraignes).
– Le 4 avril 1916, Eugène Debeney succède à Joseph Micheler à la tête du XXXVIIIe Corps d’Armée au repos en Champagne. Le 20 septembre 1916, il prend le commandement du XXXIIe Corps d’Armée pendant trois mois avant d’être promu à la tête de la VIIe Armée pour remplacer Etienne de Villaret. Resté sept mois à la tête de cette Grande Unité dans le secteur des Vosges, il succède à François Anthoine en juin 1917 au commandement de la Ire Armée, poste qu’il ne quittera plus durant le reste du conflit. Tenant d’abord une partie du front de Lorraine, la Ire Armée est rappelée d’urgence en Picardie au début de 1918 par Philippe Pétain.
– Le 21 mars 1918, Erich Ludendorff déclenche l’Opération Michael (voir article consacré) contre les forces franco-britanniques en Picardie en vue d’atteindre Amiens et son important carrefour ferroviaire. Après une colossale préparation d’artillerie, les forces allemandes – II. Armee de von der Marwitz, XVII. d’Otto von Below et XVIII. d’Oskar von Hutier – surprennent totalement les forces du Commonwealth de Douglas Haig. La réussite des premiers jours de l’assaut allemand est aussi due en grande partie à l’emploi des Stosstruppen (troupes d’assaut). La Vth Army de Hubert Gough reçoit tout le choc et doit se replier en urgence sur une ligne allant de l’Est d’Amiens jusqu’à Montdidier. Côte français, c’est la IIIe Armée du très bon Georges Humbert qui reçoit le choc allemand et sa gauche est sérieusement malmenée. Un trou béant existe alors entre la IIIe Armée française et la Vth Army britannique.
Emile Fayolle qui commande le Groupe d’Armées de Réserve ordonne – sur injonction de Ferdinand Foch – de placer la Ire Armée de Debeney (douze divisions) entre Montdidier et Lassigny pour combler la brèche entre Humbert et les Anglais. Même si a force d’énergie Debeney parvient à mettre en lice son centre et sa droite, toute son aile gauche n’est pas déployée à temps. Le 28 mars, les Allemands relancent leur assaut et la Ire Armée française voit quatorze divisions ennemies lui tomber dessus. Mais Debeney réussit à tenir ferme, notamment grâce au sacrifice de plusieurs milliers d’hommes de la 56e Division d’Infanterie de Demetz. Entre-temps, Foch a obtenu que le XVIIIth Corps britannique d’Ivor Maxse se place sous le commandement de Debeney.
– Le 30 mars, l’offensive allemande s’enlise et le front se calme pour plusieurs mois. Cela laisse le temps aux chefs français et britanniques de préparer soigneusement la contre-attaque. Le 8 août 1918, Debeney mène sa Ire Armée à l’offensive avec les IXe (Garnier-Duplessis) et Xe Corps (Vandenberg) en tête. Les Français repoussent sans ménagement les Allemands et reprennent Montdidier le 10 août. Debeney mène encore ses forces à l’offensive en Picardie, lors de la reprise de Saint-Quentin et jusque dans les Ardennes (batailles de Buzancy et du Chesne).
Le 11 novembre, c’est lui qui reçoit les plénipotentiaires allemands avant la signature de l’Armistice.
– En 1919, Eugène Debeney est nommé Commandant de l’Ecole de Guerre avant de deveni Gouverneur Militaire de Paris en 1920. Il termine sa carrière comme Chef d’Etat-major général des Armées puis comme Généralissime.
– Fidèle au Maréchal Pétain en 1940, il meurt le 6 novembre 1943 des suites d’un attentat commis contre un rassemblement de la Légion des Combattants.
– Marie-Eugène Debeney était récipiendaire de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre, de la Grande Plaque d’Officier de la Légion d’Honneur et de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur.Il a laissé deux ouvrages : La guerre et les hommes et La sécurité de la France (1923).
Lire :
– La Bataille de l’Empereur du 21 au 31 mars 1918, http://www.chtimiste.com
– Les combats à Montdidier. Fin mars et août 1918, http://www.chtimiste.com